Le comptable compte, le manouvrier manoeuvre, le dramaturge dramatise, l'ingénieur s'ingénie, le romancier romance et l'imbécile, lui,...
En marge :
“Porte-parole de Valérie Pécresse pour les régionales, la populaire Rama Yade menace de tout plaquer.
Rama Yade est au bord de la crise de nerfs. La perspective de devoir se présenter en deuxième position sur la liste UMP dans le département du Val-d'Oise n'enchante absolument pas la plus populaire des ministres. Élue municipale à Colombes depuis 2008, ville où elle a grandi, la secrétaire d'État aux Sports entend rester dans les Hauts-de-Seine. "Je viens d'ouvrir une permanence. Une centaine de militants travaillent pour moi. Je ne vais pas les planter comme ça ! Et puis, on ne va quand même pas se plaindre d'avoir une volontaire pour aller se battre dans une circo coco", confie Rama Yade qui souhaite se présenter aux législatives, en 2012, dans le fief communiste du député Roland Muzeau.
Porte-parole de Valérie Pécresse pour les régionales, la populaire Rama Yade menace de tout plaquer. Elle n'a pas apprécié la proposition de sa chef de file, largement inspirée par l'Élysée, selon un proche de Pécresse. Il est de notoriété publique que Sarkozy supporte de moins en moins la turbulente benjamine du gouvernement. Rama Yade, seule ministre à prendre ses distances avec Jean Sarkozy, avant de corriger le tir, n'a pas que des amis dans les Hauts-de-Seine, notamment le couple Balkany. Elle a surtout détesté qu'une dirigeante UMP déclare qu'elle ferait plus "couleur locale" dans le Val-d'Oise. "C'est insupportable d'entendre que je serai la candidate des Africains", s'exclame Yade, qui s'oppose à une "candidature ethnique".
Déterminée encore une fois à tenir tête à l'UMP et sans doute au président, elle est prête au bras de fer. "Ils vont bien se rendre compte que ce n'est pas possible. Je ne peux pas quitter les Hauts-de-Seine", espère-t-elle. Dans l'équipe de Pécresse, on admet que la situation est "intenable". "Il faut que ça se décante lundi à l'occasion de la commission nationale des investitures. Le plus raisonnable serait que Rama soit numéro deux dans les Hauts-de-Seine derrière Santini", dit un membre du staff de Pécresse qui espère la clémence de l'Élysée. Mais Sarkozy préférerait voir en numéro deux Marie-Dominique Aeschlimann, l'épouse du député d'Asnières.
Dans le Val-d'Oise, l'hypothèse d'une candidature Yade a fait long feu parmi les élus. Pressenti pour être tête de liste, Axel Poniatowski la "comprend". Député de la 9e circonscription, Yannick Paternotte a appelé Rama Yade pour vérifier si elle avait l'intention de se parachuter chez lui. "Je lui ai dit non. En plus, la place est déjà réservée pour un copain (Geoffroy Didier, conseiller du ministre de l'Intérieur, NDLR). Je n'ai rien à faire là-bas", insiste-t-elle.
Rama Yade, qui a déjà dit non à Sarkozy en 2008 pour conduire la liste aux européennes en Ile-de-France, peut-elle récidiver ? L'intéressée n'en est pas là mais laisse entendre qu'elle peut très bien ne pas se présenter. Plus très en cour à l'Élysée, elle affirme que le président l'a pourtant félicitée à "deux reprises" pour son travail au ministère. Quant à sa popularité, elle feint de la minimiser : "La légitimité ne provient pas des sondages mais de l'élection." Cela ne l'empêche pas de voir loin. "Ne vous inquiétez pas pour moi. J'en suis à mon deuxième poste ministériel. J'ai 32 ans. Les Français n'ont pas l'air mécontents de moi. Où est le problème ?" Rama Yade confie même, mi-blagueuse, qu'elle pourrait se reconvertir : "Sinon, j'irai présenter le journal de M6, comme l'a proposé Nicolas de Tavernost !"”
"La secrétaire d'État, qui renâclait à partir dans le Val-d'Oise, a été rappelée à l'ordre.
Le député UMP Jean-Pierre Grand trouve que Rama Yade est «de plus en plus sympathique». Ce villepiniste de l'Hérault encourage celle dont «on s'est un peu servi (?) parce qu'elle est belle, parce qu'elle est d'origine africaine» à «continuer sur sa lancée». Dans les couloirs de l'Assemblée, lundi, il a même glissé que «des rebelles, par les temps qui courent, il y en a de plus en plus?» Son collègue UMP de Paris, Claude Goasguen, trouve, pour sa part, que la secrétaire d'État aux Sports devrait arrêter de «crier» et qu'une place en deuxième position sur la liste départementale du Val-d'Oise, pour les régionales, «c'est une position agréable, confortable». Lundi, celle qui renâclait à accepter ce parachutage auquel avaient pensé pour elle l'Élysée et Valérie Pécresse, tête de liste en Ile-de-France, a amorcé une marche arrière. Sur France 2, la secrétaire d'État aux Sports s'est voulue disciplinée. «On verra là où on estimera que je suis le plus utile», a-t-elle dit, admettant que «ce n'est pas (elle) qui prend les décisions uniquement, c'est un fonctionnement d'équipe».
«Polémiques gratuites»
Mais l'élue de Colombes qui dit vouloir poursuivre son implantation dans les Hauts-de-Seine - oubliant au passage qu'elle a été tentée de briguer la tête de liste à Paris au printemps - soutient qu'on ne lui a «parlé de rien» au sujet du Val-d'Oise. «Rien n'est décidé», affirme-t-elle au Figaro. Porte-parole pour l'Ile-de-France, elle s'offusque qu'on veuille l'envoyer là-bas parce qu'elle serait «couleur locale», selon les propos d'une dirigeante UMP. Mais par refus «des psychodrames et des polémiques gratuites» qui «ne servent à rien», la ministre préfère éteindre le feu qui couve. Cette polémique aurait eu pour conséquence le report de la commission nationale d'investiture de l'UMP qui devait se tenir lundi soir. «Dites que je suis disponible pour mon parti !», lâche-t-elle, alors que dans la matinée, le porte-parole adjoint du parti l'avait appelée à «jouer collectif». «Quand on est ministre, on est obligé de se battre et de porter les couleurs de son parti. Il ne faut pas rechigner à aller au combat où que ce soit», avait déclaré Dominique Paillé.
Rama Yade l'assure, «il ne parlait pas de moi spécialement, il me l'a dit». Ce que conteste Paillé, interrogé par Le Figaro : «Je l'ai appelée, elle, à l'action collective.» Même si le message s'adressait «à tous les ministres». À Nathalie Kosciusko-Morizet aussi ? La secrétaire d'État à l'Économie numérique et maire de Longjumeau «n'a pas l'intention d'être tête de liste en Essonne, et elle l'a dit», affirme son entourage. «Elle a assez de travail et préfère laisser la place à d'autres.» Sauf, bien entendu, «si sa famille insiste pour qu'elle y aille»."
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