Le comptable compte, le manouvrier manoeuvre, le dramaturge dramatise, l'ingénieur s'ingénie, le romancier romance et l'imbécile, lui,...

L'imbécile compile
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En marge :

À propos

I. De l'approche de ce blog (Why Blog?)

Alain Finkielkraut scribebat :

“Ne pas faire de plan, disait Péguy, suivre des indications. Pour comprendre l'homme ou, au moins, l'époque, remplacer l'éternelle question : "Qu'est-ce que... ?" par l'inlassable question : "Qu'est-ce qui se passe ?" Travailler, avec patience, dans les misères du présent. Laisser à la stupeur le temps de trouver ses mots. Ne pas écrire un journal, ne pas tomber dans la chronique, ne pas tenir le registre de mes premiers mouvements, ne pas fixer chacune de mes impressions, ne pas thésauriser mes humeurs, mais déchiffrer comme l'énigme du Sphinx chaque interpellation par les circonstances. Penser sur le mode de la hantise et non du système. Préférer l'insistance de l'émotion à l'exhaustivité de l'inventaire. Plutôt que de m'évertuer à tout couvrir, effectuer des prélèvements. Croire, avec William Blake, que "l'éternité est amoureuse des oeuvres du temps". Extraire le mémorable du flot de l'actualité. Suspendre, pour cette opération, le partage canonique de l'éminent et de l'anodin. Tenir les détails en haute importance. Ne pas prendre l'information pour le fait ni non plus l'information embarrassante pour une construction malveillante. Me méfier de la méfiance autant que de la crédulité ; soupçonner le recours systématique au soupçon de protéger l'intelligence contre les insolences de la réalité. Chercher la vérité dans ce qui apparaît et non derrière les apparences [...] Placer les idées générales sous la surveillance des cas particuliers [...] Renoncer, pour interroger les évènements, au désir de surplomber une fois pour toute l'histoire [...]”

(Alain Finkielkraut, L'imparfait du présent, Paris, 2002, p. 9-10)
Céans, le lundi XIII juillet MMIX

Après avoir bricolé plusieurs blogs (riesling.free.fr/...), j'ai à présent l'impression que s'ils sont commodes pour une autobiographie au quotidien, ou alors pour une projet artistique littéraire ou graphique, ils contraignent à la redondance dès lors qu'on se focalise sur le débat d'idées en lien avec l'actualité, cette dernière étant elle-même faite de redondances. Après tout le log n'est-il pas un journal des évènements, si on prend son sens strict en informatique ?

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On peut bien faire un effort de tri entre nos divagations quotidiennes, essayer de faire une sélection de billets plus aboutis que la moyenne (riesling.free.fr/...), on en arrive tôt à la situation où l'on a une large part de billets d'humeur décousus obsolètes et, perdus parmi eux, une portion infime d'articles plus élaborés dont la finitude est une évidente contrainte - l'article est daté, le sujet pourtant évolue car on ne saurait « surplomber une fois pour toute l'histoire ».

Même si la tenue d'un tel blog peut constituer un exercice de gymnastique littéraire plaisant, il est difficile en ces conditions de « ne pas tomber dans la chronique », délicat de ne pas « thésauriser ses humeurs », épineux de résister à la tentation de « s'évertuer à tout couvrir ».

M'est venue l'idée suivante : plutôt que de faire un log traditionnel, pourquoi ne pas donner dans le catalogue ? Pourquoi ne pas compiler des sources, textes, images, sons, vidéos ? L'idée n'est évidemment pas de constituer une encyclopédie, de céder à « l'exhaustivité de l'inventaire », mais bien « d'effectuer des prélèvements », tenter « d'extraire le mémorable du flot de l'actualité », et placer ce mémorable de côté. En somme, éviter « l'éternelle question "Qu'est-ce que... ?" » et lui préférer « l'inlassable question : "Qu'est-ce qui se passe ?". Et dans la foulée, éventuellement y ajouter un commentaire, « ne pas prendre l'information pour le fait » sans toutefois se laisser aller à « fixer chacune de ses impressions ».

Cette méthode devrait pousser à rester focalisé sur les sources choisies. Idiotie diront certains, préférant de toute évidence la noble dissertation au commentaire graisseux. Citer, resté collé à la production d'un autre, ne serait-ce pas là la marque d'une pauvre imagination ? Possible. Je préfère, toutefois, y voir une forme d'humilité : y a t-il une demande pour des cours magistraux ?

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Voilà pour la méthode. Pour le contenu, disons, sans s'interdire quoi que ce soit, que ce blog, à l'instar de son prédécesseur, n'échappera pas à l'intérêt que je voue aux problématiques relevant de la Justice pénale, de la Sécurité publique et de l'Histoire.

Grands thèmes, que de sérieux, n'est-il pas ? Je n'en disconviens pas, il s'agit là de se focaliser sur les rumeurs artificielles du monde ; ce qui fait notre vie de loin, de très loin. J'apprécie les blogs plus intimistes et ceux qui constituent un projet artistique (blog bédé, etc). Tels un roman ou un film, ils sont inévitablement moins assommants qu'une monographie de 500 pages. L'essence de l'aventure humaine, c'est l'intimité quotidienne et le rêve, et pas les théories sociales, ni l'idéologie, ni le passé, la chose est entendue.

Pourquoi, alors, sacrebleu, se cantonner au folklore de notre existence, s'atteler à évoquer ce qu'on ne peut réellement altérer ? Tout simplement parce que ce folklore touche néanmoins nos vies ponctuellement - à ce titre, il n'est pas complètement dénué d'intérêt de vouloir comprendre « ce qui se passe ». Aussi, l'idée de faire un blog sur l'intimité ne m'inspire pas ; et il n'y a nul projet artistique qui pourrait prendre la forme d'un blog qui rentre dans mes compétences ou envies présentes.

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Vous pouvez me contacter en écrivant à l'adresse relou.l.enclume à gmail.com

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